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Fosse Dionne

Source Divine

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La Fosse Dionne est un de principaux centres d'intérêts touristique de la région.
 
Deuxième plus longue percée hydrogéologique de France, elle possède un écosystème unique et une flore abondante. Située à 140 mètres d'altitude, on s'interroge sur la provenance de cette eau au débit contenu. Elle fut aménagée en lavoir en 1758.

Le cadre est ici prestigieux. C'est autour de la source dont les eaux fascinent que le lavoir s'organise.

Dominé par les habitations, l'immense bassin s'est doublé au XVIIIè siècle d'un bassin de lavage semi-circulaire qui suit le toit. Recouvert de petites tuiles, son pan unique s'adosse contre le mur de soutènement. A chaque extrémité, de gros pilastres soutiennent la charpente laissant place ensuite à des piles en bois posées sur des socles en pierre. De hautes cheminées ont été aménagées dans le mur pour le confort des lavandières.

Le Basilic

Saint Jean avait 20 ans... Il était pressé par la grâce de se consacrer entièrement au service de Dieu et de ses frères. Il vint avec ses disciples se creuser une cellule dans les rochers qui portaient alors l'ancienne cité de Tonnerre.
De là, il dominait la vallée, ombragée et ténébreuse, dont le fond était constitué par le vaste marais de la Dionne qui est occupé actuellement par le faubourg Bourberault. On l'avertit qu'en ce lieu, il y avait un puits d'où sortait un basilic, serpent qui inquiétait le peuple et causait de sérieux ravages. Aussi, il entreprit lu -même, à la bêche, de fouir le sol au dit endroit.
Il dégagea ainsi la belle et grande source de la Dionne et, assainissant le marais, il donna aux eaux de la source un débouché facile vers l'Armançon. De ce fait, conjurant le mauvais sort, il fit mourir le basilic et rendit le lieu habitable. Mais depuis ce temps, la retraite de notre ermite n'était plus assez solitaire. Il quitta définitivement Tonnerre pour aller fonder une communauté religieuse dans le désert de Réôme, entre Tonnerre et Montbard, qui plus tard allait devenir Moutiers-Saint-Jean. Après bien des activités et des miracles qui ont jalonné sa vie austère, on raconte qu'il mourut debout, en l'an 545, dans sa cent vingtième année...
Le basilic que le Saint Ermite conjura en assainissant le marais de la Dionne, était probablement l'infection paludéenne. En effet, nos ancêtres caractérisaient d'un seul mot les effets foudroyants de cette fièvre pernicieuse : ils l'appelaient "basilic", serpent dont le regard a la faculté de tuer, car elle saisit à l'improviste et brûle comme le venin d'un reptile...
*La Symbolique du basilic
"Reptile fabuleux, qui tue par son seul regard ou par sa seule haleine celui qui l'approche sans l'avoir vu et ne l'a pas regardé le premier. Il naîtrait d'un oeuf de vieux coq, âgé de 7 à 14 ans, oeuf rond déposé dans du fumier et couvé par un crapaud ou une grenouille. Il est figuré par un coq à queue de dragon ou par un serpent aux ailes de coq. Tout son symbolisme découle de cette légende".

Les sous du diables

Cela se passait le 13 juillet de l'an 700. Ce jour là, le petit Pierre Evrat, fils de viticulteur, vit arriver au galop, sur une cavale blanche dont les yeux brillaient comme des charbons, un cavalier noir au panache rouge sang.
 
Celui-ci lui demanda s'il ne connaissait pas une source pour y faire désaltérer sa jument. Pierre lui indiqua la fosse Dionne. En repartant, le cavalier laissa choir un énorme sac de pièces d'argent.
 
Le petit Pierre s'empara vite de ce trésor... Le lendemain, c'était jour de fête à Tonnerre et Pierre se promettait de tirer bon parti de sa fortune. Pourtant, les fleurs qu'il venait d'acheter fanèrent aussitôt. Un aveugle à qui il avait offert l'aumône refusa sa pièce dès qu'il l'entendit tinter dans sa sébile... Pierre offrit quantités de friandises à ses camarades, mais d'affreuses coliques les tourmentèrent bientôt. Ensuite, il joua avec d'autres amis à "croix ou pile", mais l'on s'aperçut que tous les sous d'argent étaient "pile" sur les deux faces.
 
Pierre dû se sauver sous les coups de ses camarades en furie. Même le sommeil lui était refusé. Alors, le petit Pierre comprit combien son action avait été laide et il voulut mourir tant son remords était grand. Il se dirigea vers la fosse Dionne dans l'intention de s'y noyer.
 
Non loin, le cavalier noir était caché, attendant sa victime. Mais, veillait également un vieillard à barbe blanche, qui était le St évêque Pallade. Pierre jeta dans la source tous les sous diaboliques. Il s'apprêtait à s'y jeter lui-même quand la voix de l'évêque le retint à temps. Mais, au fond de la source, les sous ensorcelés l'accusaient toujours. L'évêque recouvrit alors les sous de son manteau.
 
De ce jour, la source prit la couleur bleu sombre du manteau... Le cavalier noir s'élança alors, en proférant maints blasphèmes, et plongea dans la source avec sa monture... La source bouillonna longtemps. Quand les eaux se furent calmées, le fond du bassin avait été emporté à tout jamais dans les abîmes de l'enfer !

Exploration

Cette source vauclusienne, au débit varié mais perpétuel, a beaucoup intrigué nos ancêtres qui la qualifiaient de "divine" (fons divona d'où Dionne). La tradition prétendait que le bassin était sans fond. Telle légende en faisait une entrée de l'enfer, telle autre affirmait qu'un serpent au regard meurtrier (le basilic) y faisait son séjour avant que l'évêque Saint Jean de Réôme n'en débarrassât l'endroit.
 
C'est probablement à l'endroit de la vallée où se réunirent les premiers habitants, attirés par ces eaux vives et pérennes dans une région de plateaux calcaires et secs. A l'époque gallo-romaine, la Fosse Dionne servait à l'alimentation en eau des habitants de l'oppidum de Tornodurum, situé sur le plateau qui la surplombe. Une série d'escaliers, dont il reste quelques vestiges, en témoigne.
 
C'est en 1758 que Louis D'Eon fit aménager la source en lavoir, avec sa toiture semi-circulaire et sa double enceinte, elle prit l'aspect actuel afin de la rendre plus accessible. La Fosse Dionne devint ainsi le quartier général des lavandières tonnerroises. Armées de leurs battoirs, agenouillées dans une caisse garnie de paille, elles travaillaient de midi à la tombée de la nuit, étendaient leur linge sur les poutres de la charpente pour un salaire qui, en 1920, n'excédait pas 3Frs de l'heure.

Ci dessous : coupe schématique de la Fosse Dionne

En mai 1908, il fut installé des madriers servant d'égouttoir et de petites cheminées aménagées dans le mur, permettant de "cuire" la lessive. C'est contre leur conduit que des garnements collaient l'oreille afin de recueillir les potins truculents des laveuses.

Résultat complexe d'exurgences et de résurgences, cette source forme en fait une vasque au fond de laquelle on peut voir le départ d'une galerie haute de 2,5m qui s'arrête à 28m de profondeur sur un étranglement. Après quoi la galerie se poursuit jusqu'à 360m de l'entrée et 61m de profondeur.
 
C'est une des sources de France les plus difficiles à explorer en raison de ses étroitures, des tourbillons d'argile, de la force du courant et de sa profondeur. Située à 140m d'altitude, la Fosse Dionne excite depuis longtemps la curiosité (plusieurs plongeurs y ont perdu la vie), on s'interroge sur la provenance de cette eau qui sort avec tant d'abondance, surtout en hiver.
 
Le débit moyen annuel est de 242 litres par seconde, mais la source est capable de crues violentes. L'eau est issue d'un impluvium de 43Km² au sud de la ville, stockée dans les multiples failles du calcaire, ce qui explique son débit continu. Une partie de l'eau provient également de la perte de la Laigne (près de Châtillon sur Seine) par un parcours souterrain encore inconnu de plus de 40Km à vol d'oiseau.
 
La Fosse Dionne est ainsi la deuxième percée hydrogéologique de France, après la fontaine de Vaucluse. Les tests de coloration qui ont été effectués le prouvent.

Mystérieuse et dangereuse

Ces photographies ont été réalisées lors de plongées dans la Fosse Dionne dans les années 90 par le club « yonne spéléo ». Elles donnent une assez bonne idée des difficultés rencontrées par les plongeurs pour l'exploration de la Fosse Dionne.
Les plongées les plus profondes ont été effectuées par - 60 m. !

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Vallée de l'Armançon

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